Les éjaculateurs précoces sont-ils égoïstes ?

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Voilà une idée reçue qui a la vie dure et qui peine à disparaître. Lorsque le devoir conjugal était subi par certaines femmes, elles étaient peut-être heureuses de voir leur mari se détourner d’elles après quelques secondes. Mais la révolution sexuelle a ouvert les portes à une sexualité qui se doit d’être épanouie, et l’éjaculation précoce peut perturber profondément un couple.

Le point de vue féminin

Il est difficile pour une femme confrontée à un partenaire souffrant d’éjaculation précoce de ne pas passer par différents stades. Lorsque le problème n’arrive qu’une fois de temps en temps, elle saura faire preuve de compréhension ! Fatigue, stress, soucis… Enormément de choses peuvent expliquer le problème. Malheureusement, lorsque la chose se répète et devient même récurrente, elle aura plus de mal à y faire face surtout si son partenaire ne souhaite pas débuter une discussion. Pire que tout, elle pourra croire que c’est de sa faute, elle pourra perdre sa confiance en elle, et se croire moins désirée. Ensuite, elle pourra effectivement penser que l’éjaculateur précoce est un égoïste, qui ne pense qu’à lui et à son plaisir. Frustrée, déçue, elle s’éloignera et la sexualité du couple s’en trouvera encore affaiblie. La solution pour éviter à votre partenaire d’imaginer le pire est d’entamer avec elle une discussion et d’aborder franchement le problème avec elle !

Un simple perfectionniste ?

L’idée que l’homme qui jouirait en quelques secondes serait un simple égoïste vient du fait que l’on associe toujours éjaculation et orgasme. Mais qui a donc bien pu décréter qu’après l’orgasme masculin, le rapport sexuel devait être terminé ? Le stress que cette croyance engendre chez l’homme, surtout chez le jeune homme souvent peu expérimenté, peut à elle seule, expliquer la venue d’une éjaculation précoce ! Cette exigence de la performance, véhiculée par les films porno, les médias, les sondages des magazines féminins peut être accompagnée d’une angoisse profonde, de la peur de ne pas réussir à faire jouir sa partenaire et cette « panique » le conduit à contracter tous ses muscles, pour se retenir au maximum, pour ne pas lâcher ! Sans savoir, qu’au contraire, c’est la contraction des muscles qui conduit à l’éjaculation…

Lorsque la discussion s’impose

L’éjaculation précoce est un trouble psychologique, qui peut se graver en réflexe. C’est pourquoi il convient de trouver la cause de ce problème rapidement avant que le corps le répertorie comme « normal » et qu’il devienne difficile à faire disparaitre. Discuter avec sa partenaire est une manière de dénouer les tensions et d’expliquer les choses avant de pouvoir trouver une solution pour les améliorer. Expliquez le problème auquel vous êtes confronté, lui demander comment lui faire atteindre l’orgasme autrement qu’avec la pénétration, ce qu’elle aime… En privilégiant les préliminaires, en plaçant le cunnilingus au centre de son plaisir, en utilisant vos doigts, des sextoys… Les femmes ne sont pas uniquement centrées sur la pénétration, ni sur les performances !

Bien souvent, lorsque l’homme réussit à se rassurer sur sa capacité à donner du plaisir à sa partenaire, son stress diminue et ses capacités s’en trouvent augmentées. Ne plus placer la performance au centre du rapport sexuel est le début de la fin de l’éjaculation précoce.